Ce que vous entendrez
Les palos flamenco expliqués
Cante, toque, baile et les palos : un guide simple de ce qui compose un spectacle flamenco, pour que la première soirée ait du sens dès le premier accord de guitare.
Réserver le spectacle de la Casa de la Memoria ↗Trois arts et une pulsation
L'UNESCO décrit le flamenco comme une expression artistique qui fusionne le chant, la danse et le jeu de guitare. Les mots espagnols sont cante pour le chant, baile pour la danse et toque pour la guitare. L'Andalousie, dans le sud de l'Espagne, en est le cœur, avec des racines également en Murcie et en Estrémadure. L'UNESCO inscrit cette forme sur sa liste du patrimoine culturel immatériel, où elle a été inscrite en 2010. Derrière ces trois arts se trouve le compás, le cycle rythmique qui maintient une pièce ensemble.
Ce qu'est un palo
Un palo est un style flamenco, et l'article de Wikipédia sur le flamenco explique que les palos se distinguent par leur schéma rythmique, leur mode, leur progression d'accords, leur forme de vers et leur lieu d'origine. Il en dénombre plus de 50 différents. Certains se chantent sans accompagnement, tandis que d'autres ont la guitare ou un autre soutien. Vous n'avez pas besoin de les nommer dans la salle. Il suffit de remarquer que certaines pièces semblent lentes et lourdes et d'autres rapides et brillantes.
Le cycle à 12 temps
De nombreux palos comptent un cycle de douze temps, les accents tombant à des endroits différents. L'article décrit trois types de rythme à douze temps : la soleá, la seguiriya et la bulería. La soleá est considérée comme une forme de base. La seguiriya commence son décompte à partir d'un temps différent. La bulería est la plus rapide. Lorsque vous entendez le public frapper dans ses mains selon un schéma répétitif, il marque ce cycle, et le jeu de pieds du danseur tombe sur les mêmes accents.
Les bulerías, le final endiablé
Les bulerías sont décrites comme le palo emblématique du flamenco. C'est un rythme rapide à douze temps né au sein de la communauté rom de Jerez au XIXe siècle, à l'origine comme une conclusion vive et entraînante de morceaux plus lents. Elles clôturent souvent une soirée flamenca, accompagnées de danses vigoureuses et de martèlements de pieds. Si un spectacle s'achève sur un dernier numéro endiablé avec toute la troupe qui frappe dans ses mains, c'est très probablement dans cette famille de rythmes qu'il puise, même si aucun palo ne peut être garanti pour une soirée donnée.
La voix
Dans la description de l'UNESCO, le cante est chanté par des hommes et des femmes, de préférence assis, sans choristes. Les paroles sont courtes et simples et peuvent porter le chagrin, la joie, la tragédie, l'allégresse ou la peur. Le chanteur est appelé cantaor, un mot qui reflète la manière de parler andalouse. L'Académie royale espagnole, citée dans l'article, définit le cante jondo comme le chant andalou le plus profond et le plus authentique. Vous entendrez souvent le cante avant l'entrée du danseur.
La guitare
L'UNESCO souligne que le toque, l'art de jouer de la guitare, a depuis longtemps dépassé son rôle premier d'accompagnement. La guitare flamenca est plus légère qu'une guitare classique, avec un corps plus étroit et un son plus grave qui ne couvre pas le chanteur. Les guitaristes s'assoient souvent les jambes croisées et tiennent le manche presque à l'horizontale. Les techniques incluent le rasgueado, un jeu de strumming, et le golpe, une percussion sur la table d'harmonie. Dans une petite salle sans microphones, vous entendez tout cela directement.
La danse
L'article décrit le baile comme connu pour son intensité émotionnelle, une allure fière, un usage expressif des bras et un martèlement rythmique des pieds. Ce n'est pas du tap dance : le jeu de pieds sert le rythme et le chant. L'UNESCO ajoute que la technique peut différer entre danseurs et danseuses, avec un usage plus appuyé des pieds dans une tradition et un mouvement plus doux dans l'autre. Les styles vont de la danse improvisée en solo, proche de la tradition gitane, au flamenco classique plus formel des compagnies de danse.
Palmas, jaleo et duende
Les palmas sont les claquements de mains, et lorsqu'il n'y a pas de guitariste, elles peuvent tenir le compás à elles seules. Le jaleo est l'encouragement crié par la troupe, y compris le cri d'olé. Le duende est plus difficile à cerner : l'Académie royale espagnole, citée dans l'article, le qualifie de charme mystérieux et ineffable. Le poète Federico García Lorca lui a consacré une conférence. En tant que spectateur, vous participez simplement en gardant le silence pendant le chant et en applaudissant ensuite.
Styles joyeux et mélancoliques
L’exploitant de Casa de la Memoria indique que ses spectacles mêlent styles joyeux et mélancoliques et proposent un programme différent chaque jour. Il ne précise pas quels palos seront au rendez-vous à telle ou telle date : considérez donc les formes ci-dessus comme un vocabulaire, non comme une promesse. Après une soirée, vous saurez probablement distinguer à l’oreille un morceau vif et lumineux d’un morceau lent et grave, sans l’aide d’aucune note de programme.
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Sources